Trancher le tore
Pourquoi « bitangent » ? La coupe de profil
Coupons d’abord le tore par un plan vertical passant par son axe : on voit les deux sections du tube, deux disques de rayon r dont les centres sont à distance R de l’axe. Faisons alors pivoter une droite autour du centre O : elle finit par toucher les deux disques à la fois — l’un par au-dessus, l’autre par en dessous. C’est exactement l’inclinaison du plan de Villarceau :
La droite suit en direct l’inclinaison du plan de la figure principale : lancez l’étape 2 ci-dessus et regardez-la se coucher sur les deux cercles. Modifier r change l’angle : un tube fin donne un plan presque horizontal, un tube épais un plan très incliné.
Vérifier que la section est bien deux cercles
Le tore de grand rayon R et de rayon de tube r a pour équation :
Dans le plan bitangent z = x tan α, considérons les deux cercles de rayon R (le grand rayon !) centrés aux points (0, ±r, 0) :
Un calcul direct donne x² + y² + z² = R² + r² ± 2rR sin t, donc le membre de gauche de l’équation du tore vaut 4R²(R ± r sin t)². Pour le membre de droite, x² + y² = R²cos²t cos²α + (±r + R sin t)² ; la différence des deux membres se factorise en cos²t ( R² − r² − R²cos²α ), qui s’annule identiquement dès que sin α = r/R. Les deux courbes sont donc entièrement tracées sur le tore : la section du plan bitangent est exactement cette paire de cercles, qui se croisent aux deux points de tangence.
Remarquable : ces cercles ont pour rayon R, comme le cercle central du tore, et leurs centres ne sont pas sur l’axe — ils sont décalés de r de part et d’autre. En faisant tourner le plan bitangent autour de l’axe, chaque famille balaie tout le tore : par chaque point M passent ainsi un parallèle, un méridien, et un cercle de chacune des deux familles de Villarceau — quatre cercles, comme le montre l’étape 4.