francebalade.fr       Cours de Mathématiques       Table des matières       Votre avis sur ce site
Cahier de statistique

La théorie et les méthodes de la statistique

La statistique fait le chemin inverse du calcul des probabilités : la loi est inconnue, et l'on ne dispose que de quelques tirages. Toute la discipline consiste à remonter de l'échantillon à la population en sachant dire de combien on peut se tromper. Ici la population est fabriquée par la page : on connaît donc la vérité, et l'on peut noter chaque méthode sur pièces.

Planche 1

Population, échantillon, fluctuation

À gauche, la population entière et ses paramètres μ et σ — inconnus dans la vraie vie. À droite, ce que devient la moyenne quand on retire un échantillon, puis un autre, puis mille. Une statistique n'est pas un nombre : c'est une variable aléatoire, et elle a sa propre loi.

n = 25
Échantillons tirés0
x̄ du dernier échantillon
Moyenne des x̄
μ de la population
Écart-type observé des x̄
σ/√n annoncé

Deux échantillons de la même population ne donnent jamais la même moyenne : c'est la fluctuation d'échantillonnage, et elle n'est pas une erreur de mesure. Elle obéit à une loi précise, dont l'écart-type vaut σ/√n quelle que soit la forme de la population. Diviser l'incertitude par deux coûte donc quatre fois plus d'observations — la contrainte économique fondamentale de toute enquête.

Planche 2

Ce qu'on demande à un estimateur : biais, variance, erreur quadratique

Pour estimer le centre d'une population, trois candidats raisonnables : la moyenne, la médiane, le milieu de l'étendue. Chacun a sa loi. On les note sur deux critères — se tromper en moyenne (le biais) et se tromper de peu (la variance) — que l'erreur quadratique moyenne réunit.

n = 10
EstimateurBiaisÉcart-typeEQMbiais² + varianceEfficacité

Planche 3

Deux façons de fabriquer un estimateur

Une population uniforme sur [0 ; θ] — des tickets numérotés, dont on ne connaît pas le dernier numéro. Méthode des moments : la moyenne théorique vaut θ/2, donc on propose 2. Maximum de vraisemblance : on cherche le θ qui rend l'échantillon observé le plus probable — c'est le plus grand numéro tiré. Les deux sont légitimes ; ils ne se valent pas du tout.

n = 10
Estimateur de θ = 1Biais mesuréBiais théoriqueEQM mesuréeEQM théorique
Échantillons simulés0
EQM(2x̄) ÷ EQM(max corrigé)
Rapport annoncé (n+2)/3

La vraisemblance n'est pas une densité en x mais une fonction de θ : ici elle vaut θ−n au-dessus du plus grand tirage et zéro en dessous — aucun θ plus petit que le maximum observé ne peut avoir produit cet échantillon. Le sommet tombe donc exactement sur le maximum. Cet estimateur est biaisé (il sous-estime toujours), mais le multiplier par (n+1)/n corrige le biais et laisse une erreur (n+2)/3 fois plus petite que celle de la méthode des moments. Un estimateur biaisé peut être bien meilleur qu'un estimateur sans biais : c'est l'erreur totale qui compte, pas la justesse seule.

Planche 4

Ce que promet exactement un intervalle de confiance

« 95 % » ne dit rien sur l'intervalle qu'on tient dans la main : il porte sur la méthode. Sur un grand nombre d'échantillons, 95 % des intervalles fabriqués de cette façon contiennent la vraie valeur. Vérifions — et regardons deux recettes très répandues échouer.

n = 5

Planche 5 — élément signature

Le bootstrap : se passer de la théorie, et l'endroit où cela casse

Pour la moyenne, la théorie donne σ/√n. Pour la médiane, l'écart-type, un rapport quelconque, elle est difficile ou introuvable. L'idée d'Efron (1979) : traiter l'échantillon comme s'il était la population et y retirer des échantillons avec remise. En violet, ce que voit le statisticien depuis son unique échantillon ; en gris, la vérité — que seule cette page connaît.

n = 40