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Théorie des ensembles

Ensembles : Fondements et paradoxes

« Un ensemble est une collection d'objets » — cette phrase, prise au pied de la lettre, se contredit en trois lignes. La réponse n'a pas été de renoncer aux ensembles, mais d'écrire précisément ce qu'on a le droit de fabriquer : ce sont les axiomes de Zermelo-Fraenkel. Cette planche construit des ensembles à partir de rien, éprouve les paradoxes par le calcul, et s'arrête sur le seul axiome dont on discute encore.

1Le paradoxe de Russell

Si toute propriété définissait un ensemble, on pourrait former R = {x : x ∉ x}, l'ensemble des ensembles qui ne s'appartiennent pas. Le tableau ci-dessous est un petit univers : chaque ligne dit ce que l'ensemble contient. Cochez ce que vous voulez — la ligne de Russell, lue sur la diagonale, n'y figurera jamais.

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Le tri qui ne peut pas se terminer

On range les ensembles dans deux caisses : ceux qui s'appartiennent, ceux qui ne s'appartiennent pas. Tout se range sans peine, jusqu'à la fiche R elle-même, qui change de caisse chaque fois qu'on l'y dépose.

2Tout à partir de ∅

ZF ne donne aucun objet au départ, sinon l'ensemble vide. Chaque axiome est un outil qui fabrique un ensemble neuf à partir d'ensembles déjà obtenus. Cliquez deux fiches de l'atelier, puis un outil. Chaque ensemble est identifié par son code d'Ackermann, ce qui rend l'extensionnalité vérifiable : deux constructions différentes du même ensemble reçoivent le même code.

3Les axiomes de ZF, et ce qu'ils interdisent

La parade de Zermelo tient en un mot : on ne forme plus {x : P(x)} mais {x ∈ a : P(x)}. On ne fabrique un ensemble qu'en découpant dans un ensemble déjà là. Russell cesse alors d'être une contradiction et devient un théorème.

La hiérarchie cumulative : chaque ensemble a un rang

L'axiome de fondation range l'univers en étages : V₀ = ∅, puis Vα+1 = 𝒫(Vα). Tout ensemble apparaît à un étage précis, son rang, et ne contient que des ensembles de rang inférieur. Aucune boucle x ∈ x n'est possible, aucune chaîne descendante infinie non plus.

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4L'axiome du choix

Une famille de boîtes non vides étant donnée, peut-on prendre un objet dans chacune ? Pour un nombre fini de boîtes, les autres axiomes suffisent. Pour une infinité, cela dépend de la possibilité d'écrire une règle — et l'axiome du choix affirme qu'on peut se passer de règle.

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Ce que le choix fait payer : un ensemble sans longueur

Sur le cercle des réels modulo 1, translater par les rationnels découpe [0 ; 1[ en classes. En choisissant un représentant dans chaque classe — un choix sans règle — on obtient l'ensemble de Vitali : ses translatés rationnels pavent l'intervalle, tous de même longueur, et aucune valeur de cette longueur n'est possible.

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5Ce que l'infini démontre du fini

Élément signature. Une suite d'entiers construite à la règle et au compas de l'écolier : on écrit le nombre en base b de façon complètement héréditaire, on remplace partout b par b+1, on retranche 1. Les valeurs explosent. La suite s'arrête pourtant toujours — et la démonstration passe obligatoirement par les ordinaux infinis.

La valeur monte, l'ordinal descend

À chaque étape, on lit la même écriture de deux façons : avec la base b, elle donne l'entier ; en remplaçant b par ω, elle donne un ordinal. Le changement de base ne modifie pas l'ordinal, et le « moins un » le fait strictement décroître. Or une suite d'ordinaux ne peut pas décroître indéfiniment : la suite d'entiers doit atteindre zéro.

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Les ensembles héréditairement finis y sont représentés par leur code d'Ackermann, ce qui permet de calculer exactement paire, réunion, parties et séparation, et d'éprouver l'extensionnalité et la fondation sur des dizaines de milliers de cas. Suites de Goodstein et ordinaux calculés en arithmétique entière exacte.