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Théorie des ensembles

L'arithmétique

L'arithmétique passe pour la plus concrète des mathématiques. Elle est pourtant celle où les énoncés portent le plus directement sur des parties : la récurrence dit qu'une partie de ℕ contenant 0 et stable par successeur est ℕ tout entier ; le pgcd est le plus grand élément d'une intersection de deux ensembles de diviseurs ; le théorème chinois est une bijection ; et la factorisation unique est, elle aussi, une bijection — dont le produit d'Euler est la mise en équation.

1La récurrence, un énoncé sur les parties de ℕ

Le cinquième axiome de Peano ne parle pas de calcul : si une partie A de ℕ contient 0 et si n ∈ A entraîne n+1 ∈ A, alors A = ℕ. Choisissez une propriété : la page dessine la partie qu'elle définit et lance la propagation.

L'autre face : toute partie non vide de ℕ a un plus petit élément

C'est le principe du bon ordre, équivalent à la récurrence, et il interdit les descentes infinies. Fermat en a fait une méthode de démonstration : on suppose une solution, on en fabrique une strictement plus petite, et l'on conclut qu'il n'y en avait aucune.

2Diviseurs et multiples : deux ensembles, une intersection

À chaque entier a on associe deux parties de ℕ : D(a), ses diviseurs, et M(a), ses multiples. Alors pgcd(a,b) = max( D(a) ∩ D(b) ) et ppcm(a,b) = min( M(a) ∩ M(b) ) : les deux opérations les plus utilisées de l'arithmétique sont des intersections.

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Le treillis des diviseurs : pgcd en bas, ppcm en haut

Les diviseurs d'un entier, ordonnés par divisibilité, forment un treillis. Dans ce diagramme, le pgcd de deux diviseurs est leur plus grand minorant commun, le ppcm leur plus petit majorant : les deux opérations deviennent purement géométriques.

3Le théorème chinois, une bijection

Connaître un entier modulo m et modulo n, est-ce le connaître modulo mn ? La réponse est une question d'ensembles : l'application x ↦ (x mod m, x mod n) va de ℤ/mnℤ dans ℤ/mℤ × ℤ/nℤ, deux ensembles de même cardinal — elle est bijective exactement quand m et n sont premiers entre eux.

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4Les nombres premiers : la partie qu'on ne sait pas décrire

Le crible d'Ératosthène ne construit pas les premiers : il enlève. On part de ℕ et l'on retire, une famille après l'autre, les multiples déjà connus ; ce qui survit est premier. L'ensemble obtenu est infini — Euclide le démontre en fabriquant un élément qui manque à toute liste finie.

Factoriser, c'est ranger un entier dans une grille d'exposants

Le théorème fondamental de l'arithmétique dit qu'un entier est déterminé par la liste de ses exposants, et réciproquement : c'est une bijection entre ℕ* et les suites d'exposants presque toutes nulles. Un entier n'est plus un objet, c'est une adresse.

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5Le produit d'Euler

Élément signature. Développez le produit (1 + 1/2ˢ + 1/4ˢ + …)(1 + 1/3ˢ + 1/9ˢ + …)(1 + 1/5ˢ + …) … : chaque terme obtenu est 1/nˢ pour un entier n, et chaque entier apparaît une fois et une seule. Cette égalité entre une somme et un produit n'est rien d'autre que la factorisation unique, écrite en une ligne.

La somme des inverses des premiers diverge

Euler en tire une preuve nouvelle de l'infinité des nombres premiers, bien plus fine que celle d'Euclide : non seulement ils sont en nombre infini, mais ils sont assez nombreux pour que la somme de leurs inverses s'échappe — alors que la somme des inverses des carrés, elle, converge.

Nouvelle planche de la série consacrée à la théorie des ensembles. L'hérédité des propriétés est éprouvée jusqu'à cent mille, l'identité pgcd × ppcm = ab sur quarante mille couples, le pgcd comme maximum de l'intersection des diviseurs sur quatre-vingt-dix mille couples, la bijectivité du théorème chinois sur les huit cent quarante et un couples de modules, l'unicité de la factorisation sur cent mille entiers, et le produit d'Euler confronté à la somme des inverses des carrés.