θ = —
OK = —
b = —
Une droite pivote autour du pôle O et rencontre la courbe de base en K. Un compas d'ouverture constante b — le cercle de report centré en K — découpe sur la droite tournante les deux points P₁ et P₂, qui tracent en rouge sombre les deux branches de la conchoïde. En coordonnées polaires de pôle O, si la courbe de base a pour équation r = f(θ), sa conchoïde s'écrit simplement :
Pour la droite à distance a du pôle, f(θ) = a/cos θ : les deux branches admettent la droite de base pour asymptote, et la forme de la branche intérieure change avec b — lisse pour b < a, pointe de rebroussement en O pour b = a, boucle traversant le pôle pour b > a. Pour le cercle de diamètre 2a passant par O, f(θ) = 2a cos θ et l'on obtient le limaçon r = 2a cos θ + b.
Nicomède introduit sa conchoïde au IIe siècle av. J.-C., et en fait un instrument : il décrit même un appareil mécanique — règle coulissant dans une rainure, pointe traçante à distance fixe — qui la dessine d'un mouvement continu. La courbe lui sert à résoudre les deux grands problèmes que la règle et le compas ne peuvent atteindre : la trisection de l'angle et la duplication du cube. L'idée-clef est celle de l'insertion (neusis) : glisser entre deux lignes un segment de longueur donnée dont le support passe par un point fixe — exactement ce que la conchoïde réalise par construction.
La conchoïde d'un cercle, le pôle étant pris sur le cercle, porte le nom d'Étienne Pascal — le père de Blaise, dont l'hexagramme mystique fait l'objet d'une autre page de ce cahier ; c'est Roberval qui baptisa la courbe ainsi. La famille des limaçons contient deux cas remarquables : pour b = 2a, la boucle intérieure se résorbe en un rebroussement et l'on obtient la cardioïde ; pour b = a, le limaçon r = a(1 + 2 cos θ) est trisecteur : il permet, lui aussi, de partager un angle en trois.