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Théorème de Bayes

Une preuve n'écrase pas
votre croyance — elle la corrige.

Vous pensez qu'une chose est peu probable. Un indice apparaît. Combien devez-vous, précisément, changer d'avis ? C'est la question à laquelle répond le théorème de Bayes — et c'est l'objet de cette enquête.

01 · Intuition

Une probabilité n'est jamais figée. Elle représente l'état d'une croyance à un instant donné — et elle est faite pour être mise à jour dès qu'une information nouvelle arrive.

Vous estimez à 10 % la probabilité qu'il pleuve aujourd'hui. Vous voyez ensuite votre voisin sortir avec un parapluie. Cette observation ne remplace pas votre estimation initiale : elle vient la pondérer. S'il pleut souvent quand les gens sortent un parapluie, et rarement sinon, ce petit indice doit faire remonter votre estimation — sans pour autant l'envoyer à 100 %.

Le théorème de Bayes formalise exactement ce raisonnement. Il répond à une question précise : connaissant ma croyance de départ et la fiabilité de l'indice observé, quelle doit être ma nouvelle croyance ?

Avant l'indice

La probabilité a priori

Ce que l'on croit avant toute nouvelle observation — par exemple, la fréquence d'une maladie dans la population.

L'observation

La preuve (l'évidence)

Le fait nouveau constaté — un test positif, un indice, un signal — dont on connaît la fiabilité.

Après l'indice

La probabilité a posteriori

La croyance révisée, une fois l'indice pris en compte. C'est elle que le théorème de Bayes permet de calculer.

02 · Anatomie de la formule

Quatre quantités, une seule équation

Touchez chaque symbole pour voir ce qu'il représente dans l'exemple qui suivra : celui d'un test médical.

=

Touchez un symbole ci-dessus — commencez par P(A), la croyance de départ.

A = l'hypothèse à évaluer (« être malade ») · B = ce que l'on observe (« le test est positif »)

03 · Le simulateur

Réviser une probabilité en direct

Un test médical dépiste une maladie. Ajustez sa rareté et la fiabilité du test : observez comment la probabilité d'être réellement malade évolue une fois le test positif.

Le cas du test positif

Population représentée : 100 personnes, réparties selon les réglages ci-contre. Chaque point change de couleur en fonction de son état réel et du résultat de son test.

P(A) — la part de la population réellement malade, avant tout test.
P(B|A) — probabilité que le test soit positif quand la personne est malade.
Probabilité que le test soit négatif quand la personne est saine.
Essayer un cas :
Malade, test positif (vrai positif) Malade, test négatif (faux négatif) Sain, test positif (faux positif) Sain, test négatif
P(malade | test positif)
8.3%
C'est la probabilité réelle d'être malade sachant que le test est positif — parmi tous les points positifs (or et rose), la part de points or.
Avant le test — P(A)1.0%
Après le test — P(A|B)8.3%
04 · Le calcul, étape par étape

Sur 1 000 personnes testées

Combien de personnes sont réellement malades ?

1000 × 1.0% = 10 malades

Parmi elles, combien le test détecte-t-il (vrais positifs) ?

10 × 90% = 9 vrais positifs

Parmi les personnes saines, combien sont tout de même positives (faux positifs) ?

990 × (1 − 90%) = 99 faux positifs

Sur tous les tests positifs, quelle proportion est réellement malade ?

9 ÷ (9 + 99) = 8.3%

Voilà pourquoi un résultat positif à un test fiable à 90 % ne signifie pas 90 % de chances d'être malade : quand la maladie est rare, les faux positifs issus de la grande majorité de gens sains l'emportent en nombre absolu.

05 · Testez votre intuition

Le paradoxe du faux positif

Une maladie touche 1 % de la population. Un test la détecte avec 90 % de fiabilité (sensibilité et spécificité). Une personne est testée positive. Quelle est, selon vous, la probabilité qu'elle soit réellement malade ?