Probabilités
Faire glisser une courbe sur l’autre, mesurer l’aire du recouvrement à chaque position : voilà toute la convolution. Quand les deux courbes sont des cloches, le résultat est une cloche — et les écarts-types s’additionnent comme les côtés d’un triangle rectangle.
Planche I
En haut : la densité f reste immobile, la densité g est retournée puis décalée de x. La zone ambre est leur produit point par point ; son aire donne la valeur de la convolution. En bas : cette aire, reportée en fonction de x, dessine la courbe résultat.
Planche II
Si X et Y sont indépendantes, le couple (X, Y) se répartit dans le plan selon la densité produit f(x)·g(y). Tous les couples dont la somme vaut s se trouvent sur la même droite oblique x + y = s. Intégrer la densité le long de cette droite, c’est exactement calculer (f ∗ g)(s) : la densité de X + Y.
Planche III — élément signature
L’intuition dit « les largeurs s’ajoutent » : σ₁ + σ₂. C’est faux. Ce sont les variances qui s’ajoutent, donc σ = √(σ₁² + σ₂²) — l’hypoténuse d’un triangle rectangle de côtés σ₁ et σ₂. Déplacez les curseurs du haut : le triangle se déforme, l’écart avec la somme naïve reste visible.
Convoluer n fois la même loi 𝒩(0, 1) donne 𝒩(0, n) : l’écart-type ne grandit qu’en √n. C’est la racine carrée du théorème central limite — et la raison pour laquelle une moyenne de n mesures est √n fois plus précise qu’une seule.
Planche IV
La transformée de Fourier change la convolution en simple multiplication. Or la transformée d’une gaussienne est une gaussienne : |f̂(ω)| = e^(−σ₁²ω²/2). Multiplier deux exponentielles, c’est ajouter leurs exposants — d’où σ² = σ₁² + σ₂², sans calculer une seule intégrale.
Les convolutions sont calculées par intégration numérique (méthode des rectangles, pas 0,05 sur [−16, 16]) et confrontées à la formule exacte.